bulgarie
L'artisanat bulgare s'est structuré durant la Renaissance nationale, quand les corporations de métiers finançaient les écoles et les églises. Plusieurs villes conservent aujourd'hui des ateliers en activité et deux traditions figurent parmi les savoir-faire reconnus par l'UNESCO. Les objets produits restent des achats accessibles et faciles à transporter.
Troyan, au pied des Balkans, produit depuis le dix-septième siècle une céramique reconnaissable à son décor de gouttes colorées qui se répandent sur l'émail. Les pièces utilitaires, plats, cruches et bols, dominent la production. Un musée local et plusieurs ateliers ouverts au public permettent d'observer le travail au tour.
Tchiprovtsi, dans le nord-ouest, tisse depuis le dix-septième siècle des tapis plats à deux faces identiques, sur des métiers verticaux tenus par des femmes. Les motifs géométriques portent des noms transmis oralement et une grande pièce demande plusieurs mois de travail. Cette tradition figure sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO depuis 2014.
L'école de Tryavna a formé des générations de sculpteurs qui ont réalisé des iconostases, des plafonds à rosaces et des portes ouvragées. Le plafond en soleil de la maison Daskalov, achevé au début du dix-neuvième siècle, résulte d'un concours entre deux maîtres et reste l'exemple le plus cité. Les ateliers actuels produisent surtout des objets de petite taille.
La vallée des roses, autour de Kazanlak et de Karlovo, fournit une part majeure de l'huile essentielle de rose de Damas utilisée en parfumerie. La cueillette se déroule de fin mai à mi-juin, avant le lever du soleil, et il faut environ trois tonnes de pétales pour obtenir un kilogramme d'huile. L'eau de rose et les cosmétiques dérivés constituent des souvenirs courants.
Chaque région possède ses motifs, ses couleurs et ses points de broderie, visibles sur les costumes conservés dans les musées ethnographiques. Le rouge domine, associé à une valeur de protection. Les chemises brodées et les tabliers de laine reviennent aujourd'hui dans une mode inspirée du folklore.
Les chaudronniers travaillent encore le cuivre à Sofia, à Etar et à Chiroka Laka, produisant des cafetières, des plateaux et des alambics de rakia. Les peintres d'icônes perpétuent quant à eux la détrempe à l'oeuf sur bois, rehaussée de feuilles d'or. Les musées en plein air d'Etar, près de Gabrovo, et de Zlatograd présentent ces métiers en fonctionnement.