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Histoire de la Bulgarie

L'histoire de la Bulgarie se déroule sur un carrefour permanent entre l'Europe centrale, la Méditerranée et l'Asie Mineure, ce qui explique la densité de ses héritages successifs. Le pays a connu deux empires médiévaux, cinq siècles de domination ottomane, une renaissance nationale tardive et un demi-siècle de communisme avant de rejoindre l'Union européenne. Un lecteur suisse mesure vite l'écart avec une Confédération dont les institutions se sont développées sans rupture depuis le dix-neuvième siècle, alors que la Bulgarie n'a retrouvé son autonomie qu'en 1878.

Héritage thrace

Les Thraces occupent la région dès le deuxième millénaire avant notre ère et laissent des tombeaux à coupole ornés de fresques, dont celui de Kazanlak, daté du quatrième siècle avant notre ère et inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1979. Leur orfèvrerie, retrouvée dans plusieurs trésors, témoigne d'un savoir-faire remarquable. Rome annexe le territoire au premier siècle de notre ère, puis Byzance en hérite.

Premier empire bulgare

Le khan Asparoukh fonde un État au sud du Danube en 681. La christianisation intervient sous le prince Boris Ier en 864 et l'alphabet cyrillique se met en place à l'école littéraire de Preslav à la fin du neuvième siècle, à partir de l'oeuvre de Cyrille et Méthode. Le règne de Siméon le Grand, au début du dixième siècle, marque l'apogée culturelle de cette période. Byzance reprend le contrôle du pays en 1018.

Deuxième empire et domination ottomane

Une révolte relance un État bulgare en 1185, avec Tarnovo pour capitale, et les fresques de l'église de Boyana, peintes en 1259, datent de cet essor. Les Ottomans s'emparent du pays à la fin du quatorzième siècle et l'administrent pendant près de cinq cents ans. La hiérarchie orthodoxe passe sous contrôle grec et les monastères deviennent les gardiens de la langue écrite.

Renaissance nationale et libération

Au dix-huitième siècle, le moine Païssii de Hilendar rédige une histoire des Slaves bulgares qui relance la conscience nationale. Des écoles, des églises et des maisons de marchands se construisent à Koprivchtitsa, à Plovdiv ou à Tryavna. Le soulèvement d'avril 1876 est réprimé dans le sang et provoque une vive émotion en Europe occidentale. La guerre russo-turque aboutit au traité de San Stefano puis au congrès de Berlin, et la Bulgarie redevient une principauté autonome en 1878. Le pays proclame son indépendance complète en 1908.

Guerres et régime communiste

Les guerres balkaniques de 1912 et 1913 se soldent par une déception territoriale durable. La Bulgarie s'engage aux côtés des puissances centrales durant la Première Guerre mondiale, puis aux côtés de l'Axe durant la seconde, tout en refusant de livrer à la déportation les Juifs vivant dans ses frontières d'avant-guerre. L'Armée rouge entre dans le pays en 1944 et un régime communiste s'installe. Todor Jivkov dirige l'État de 1954 à 1989, soit la plus longue direction du bloc de l'Est.

Transition et intégration européenne

Jivkov démissionne le 10 novembre 1989 et la Bulgarie entame une transition difficile, marquée par une crise financière en 1996 et 1997 puis par l'instauration d'une caisse d'émission. Le pays rejoint l'OTAN en 2004 et l'Union européenne le 1er janvier 2007. Il intègre pleinement l'espace Schengen le 1er janvier 2025, puis la zone euro le 1er janvier 2026, au taux fixe de 1,95583 lev pour un euro décidé par le Conseil le 8 juillet 2025. Le lev et l'euro ont circulé ensemble durant le mois de janvier 2026.