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La littérature bulgare

La littérature bulgare moderne naît avec la Renaissance nationale du dix-neuvième siècle et se construit dans un rapport étroit avec la question de l'indépendance. Longtemps peu traduite, elle a gagné une visibilité internationale considérable depuis les années 2010. Plusieurs auteurs nés en Bulgarie figurent aujourd'hui parmi les grands noms des lettres européennes.

Poètes de la Renaissance nationale

Hristo Botev, né en 1848 et tué en 1876 pendant le soulèvement d'avril, laisse une vingtaine de poèmes que les écoliers apprennent encore par coeur. Ivan Vazov, né en 1850 et mort en 1921, occupe la place de patriarche des lettres bulgares. Son roman Sous le joug, publié en 1894, raconte la préparation de ce même soulèvement et demeure le livre le plus lu du pays. Pentcho Slaveïkov, mort en 1912, ouvre ensuite la poésie bulgare aux influences allemandes et symbolistes.

Elias Canetti, de Roussé à Zurich

Elias Canetti naît le 25 juillet 1905 à Roussé, dans une famille juive séfarade dont la langue quotidienne est le judéo-espagnol. Il écrit toute son oeuvre en allemand et reçoit le prix Nobel de littérature en 1981. Auto-da-fé et Masse et puissance comptent parmi ses livres majeurs, aux côtés d'une trilogie autobiographique dont le premier volume évoque son enfance danubienne. Il passe ses vingt dernières années à Zurich, où il meurt en 1994 et où il repose au cimetière de Fluntern, non loin de la tombe de James Joyce.

Consécration de Guéorgui Gospodinov

Guéorgui Gospodinov, né en 1968 à Yambol, remporte le prix Booker international en 2023 pour Le Pays du passé, aux côtés de sa traductrice anglaise Angela Rodel. Ce roman imagine des cliniques du passé destinées aux malades de la mémoire et interroge la nostalgie politique qui traverse l'Europe. Physique de la mélancolie, paru en 2012, avait déjà obtenu le prix Jan Michalski, décerné depuis Montricher dans le canton de Vaud. Ses livres existent aujourd'hui dans plus de vingt-cinq langues.

Voix bulgares en France

Julia Kristeva, née en 1941 à Sliven, arrive à Paris en 1965 et devient une figure majeure de la sémiologie et de la psychanalyse. Tzvetan Todorov, né en 1939 à Sofia et mort en 2017, développe une réflexion sur le récit, puis sur le totalitarisme et la mémoire européenne. Tous deux ont écrit en français et ont beaucoup fait pour la circulation d'une pensée venue de l'Est.

Scène contemporaine

La génération actuelle explore la mémoire du communisme, l'exil et la vie des petites villes. Alek Popov, Théodora Dimova, Zdravka Evtimova et Kapka Kassabova, cette dernière écrivant en anglais depuis l'Écosse, comptent parmi les auteurs accessibles en français. La foire du livre de Sofia, en décembre, et les programmes européens de traduction ont accéléré ce mouvement.