bulgarie
Membre de l'Union européenne depuis 2007, la Bulgarie garantit dans sa Constitution les libertés d'expression, d'association et de réunion. Sa situation reste néanmoins scrutée par les institutions européennes et par les organisations non gouvernementales, en raison de la concentration des médias, de la lenteur de la justice et de la persistance de la corruption.
Reporters sans frontières classait la Bulgarie au 71e rang sur 180 pays dans son édition 2026 du classement mondial de la liberté de la presse, avec un score de 60,28 points. Le pays avait occupé pendant plusieurs années la dernière place parmi les Etats membres de l'Union, avant une remontée sensible à partir de 2022. L'organisation relève la concentration de la propriété des médias, l'opacité de la distribution de la publicité publique et le recours à des procédures judiciaires destinées à dissuader les enquêtes.
Transparency International attribuait à la Bulgarie 40 points sur 100 et le 84e rang mondial dans son indice de perception de la corruption pour 2025, l'un des résultats les plus faibles de l'Union européenne. Les rapports annuels de la Commission européenne sur l'Etat de droit soulignent la faible efficacité des poursuites dans les affaires de haut niveau et le statut du procureur général. Un mécanisme de coopération et de vérification a accompagné le pays depuis son adhésion jusqu'à sa levée en 2023, le suivi relevant depuis du cycle annuel applicable à tous les Etats membres.
Les mobilisations de rue jouent un rôle notable dans la vie publique, des protestations de 2013 contre le gouvernement Orecharski à celles de 2020 contre la corruption, puis au mouvement de l'automne 2025 qui a entraîné la chute du cabinet Jeliazkov. Les associations bénéficient d'un cadre juridique ouvert, mais leur financement dépend fortement des programmes européens et de bailleurs étrangers. Des propositions visant à créer un registre des agents de l'étranger ont été déposées au Parlement sans être adoptées.
La minorité rom demeure la plus exposée aux discriminations en matière de logement, d'éducation et d'accès aux soins. La Commission européenne contre le racisme et l'intolérance et la Cour européenne des droits de l'homme ont relevé à plusieurs reprises les démolitions de quartiers informels et les défaillances des enquêtes sur les violences. Des programmes d'inclusion financés par l'Union européenne et par la contribution suisse à l'élargissement soutiennent la scolarisation et l'accès à l'emploi.
La lenteur des procédures, la surcharge des tribunaux et l'état des établissements pénitentiaires figurent parmi les motifs récurrents de condamnation par la Cour de Strasbourg. Le pays n'a pas ratifié la convention d'Istanbul sur les violences faites aux femmes, la Cour constitutionnelle l'ayant jugée contraire à la Constitution en 2018. Les unions de personnes de même sexe ne sont pas reconnues, malgré des décisions de justice imposant l'enregistrement de situations familiales constituées à l'étranger.