bulgarie
La Bulgarie se présente comme un Etat unitaire dont la population est majoritairement bulgare et orthodoxe, tout en abritant des minorités anciennes dont la plus nombreuse est turque. Le recensement de 2021 a rendu facultatives les questions sur l'appartenance ethnique et sur la confession, ce qui invite à lire ses résultats avec prudence.
Parmi les personnes ayant répondu à la question, 84,6 pour cent se sont déclarées bulgares, 8,4 pour cent turques et 4,4 pour cent roms. Rapportées à l'ensemble de la population, ces proportions correspondent respectivement à environ 78,5, 7,8 et 4,1 pour cent. Les organisations spécialisées estiment que le nombre réel de Roms dépasse sensiblement le chiffre déclaré, en raison des identifications multiples.
Les Turcs de Bulgarie descendent des populations installées durant les cinq siècles de domination ottomane. Ils se concentrent dans le nord-est et le sud-est, autour de Razgrad, de Choumen et de Kardjali, et pratiquent majoritairement l'islam sunnite. La campagne d'assimilation forcée menée en 1984 et 1985, qui imposa le changement des noms, provoqua en 1989 le départ d'environ trois cent mille personnes vers la Turquie, dont une partie revint ensuite.
Les Roms vivent dispersés dans tout le pays, souvent dans des quartiers périphériques mal équipés. Leur situation en matière de logement, de scolarisation et d'emploi reste nettement en retrait de la moyenne nationale et fait l'objet de programmes financés par l'Union européenne et par la contribution suisse à l'élargissement. Les discriminations demeurent régulièrement signalées par le Conseil de l'Europe.
Les Pomaks, bulgarophones de confession musulmane, peuplent les Rhodopes et le sud-ouest du pays. Leur statut a longtemps nourri des controverses, les autorités les considérant comme des Bulgares islamisés alors que certains revendiquent une identité distincte. Le pays compte également des Arméniens, arrivés pour beaucoup après 1915 et installés à Plovdiv, à Varna et à Sofia, ainsi que des Russes, des Valaques et des Karakatchans.
La communauté juive, très réduite aujourd'hui, occupe une place particulière dans la mémoire nationale. En 1943, la mobilisation de parlementaires, de dignitaires orthodoxes et d'une partie de l'opinion empêcha la déportation des quelque quarante-huit mille Juifs du royaume, alors que ceux des territoires occupés de Macédoine et de Thrace furent livrés aux autorités allemandes. La grande majorité des survivants émigra vers Israël après 1948. La synagogue de Sofia demeure l'une des plus vastes d'Europe du Sud-Est.
Le bulgare, langue slave écrite en alphabet cyrillique, est la seule langue officielle. Le turc et le romani sont largement pratiqués dans les familles concernées. L'orthodoxie rassemblait 62,8 pour cent des répondants en 2021, devant l'islam avec 9,8 pour cent, le protestantisme et le catholicisme restant marginaux.